Oasis et déserts culturels du Québec
(Article de Stéphane Baillargeon, Le Devoir)
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Toutes les personnes du Québec sont égales, sauf qu’en matière culturelle, certaines le sont vraiment beaucoup plus que d’autres.
Les trois quarts des dépenses totales de l’administration publique québécoise en culture bénéficient à deux — et seulement deux — des dix-sept régions administratives, soit Montréal et la Capitale-Nationale. L’image de deux luxuriantes oasis au milieu de déserts plus ou moins arides pourrait s’imposer.
En 2021-2022, la cagnotte culturelle totalisait 2,41 milliards, l’équivalent de 1,77 % du budget de l’État et de 282 $ par habitant à l’échelle nationale. Cette année-là, un Montréalais recevait l’équivalent de 406 $ dollars culturels, un citoyen de Québec un peu plus (428 $), mais dans les autres régions, la moyenne des dépenses par habitant n’était que de 84,84 $, selon les données de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec.
La masse culturelle hyperurbaine se concentre même dans une poignée de quartiers centraux. À Montréal, presque toute la culture se crée, se tourne et se joue en gros dans les arrondissements de Ville-Marie et du Plateau-Mont-Royal.
L’écart se révèle encore pire dans les périphéries rapprochées des deux grands centres. La proportion nationale moyenne (5 $ culturels pour la métropole et la capitale, pour 1 $ en région) s’approche du 10 $ pour 1 $ dans Lanaudière, les Laurentides, Chaudière-Appalaches ou en Montérégie. Montréal bénéficie de 53 % des dépenses et Québec 21 % du lot, alors que toutes les autres régions accaparent chacune 1,5 % des dépenses en moyenne….